LES URSULINES D'AMÉRIQUE
TRENTE-DEUXIÈME LETTRE DU
R. P. DE SMET
au
directeur des Précis Historiques, à Bruxelles.
Nous devons la publication de cette lettre à la
complaisance des supérieures des Ursulines de Saventhem et de Thildonck,
auxquelles elle a été envoyée. Le R. P. De Smet avait fait une visite à ces
deux couvents, au premier le 22 janvier, et au second le 27 du même mois de
cette année.
Bruxelles,
le 21 mars 1857.
Ma révérende Mère,
Sur le point de
quitter la Belgique, je repasse dans ma mémoire les bienfaits que j'y ai reçus,
et particulièrement l'accueil qui m'a été fait dans les communautés
religieuses.
Parmi ces asiles
de la piété et de la vertu, votre pensionnat tient un des premiers rangs. De
même qu'en Amérique, j'ai pu constater dans ma patrie l'esprit si religieux qui
anime les Ursulines, et le grand bien qu'elles font et qu'elles sont appelées à
faire encore, par la ferveur de leurs prières et par l'éducation de la jeunesse.
J'en félicite
toute la communauté, ma révérende Mère, parce que cet esprit prouve que le bon
Dieu a établi cette maison et que c'est lui aussi qui la garde; je m'en
félicite moi-même, parce que j'y ai trouvé des sujets consolants d'édification,
et de beaux exemples à rapporter à mes pauvres sauvages; j'en félicite la
Belgique, où les nouvelles Ursulines continuent si généreusement l'œuvre de
leurs devancières, auxquelles tant de mères de famille sont redevables des
sentiments de foi et de piété qui les animent; j'en félicite l'Église, dont les
enfants de sainte Angèle consolent le cœur affligé, en se rendant si dignes de
l'état religieux, l'un des plus beaux fleurons de la couronne de sainteté qui
orne le front de l'Épouse de Jésus-Christ.
Continuez, âmes
pieuses, à marcher sur les traces du Sauveur; ce n'est que dans cette voie
qu'on trouve le bonheur véritable.
Je viens, ma
révérende Mère, de faire allusion aux Ursulines d'Amérique; j'en ai parlé à vos
chères élèves, lors de ma visite, avec le R. P. Terwecoren; néanmoins il pourra
vous être agréable d'avoir quelques renseignements plus précis. Inutile de vous
dire que je n'ai pas la prétention de faire une notice complète. Je dois me
contenter de donner une idée sommaire de leur origine et de leur état actuel,
et je terminerai par le récit d'une des plus étonnantes conversions que l'on
connaisse.
Les Ursulines
furent des premières religieuses qui s'établirent dans le Nouveau-Monde.
Avant la fin du
XVIIe siècle, il y avait au Canada six communautés de femmes, parmi
lesquelles deux d'Ursulines : la maison de Québec, fondée en 1639, et celle des
Trois-Rivières, fondée en 1697.
Dans les États de
l'Union américaine, la Nouvelle Orléans, capitale de la Louisiane, fut la
première de toutes les villes des États-Unis qui obtint une communauté
d'Ursulines. Ce couvent fut fondé en 1727. Lors de cette fondation, la
Louisiane appartenait à la France. C'est dans ce sens que l'Ami de la
Religion a dit, dans un remarquable travail sur l'Église aux États-Unis,
que, « jusqu'en 1790, les États-Unis n'avaient pas connu ce que c'est
qu'une religieuse ¹. »
¹ 1855, n. 5872.
En 1730, la
communauté de la Nouvelle-Orléans comptait sept Ursulines. Dévouées à
l'éducation et à des œuvres de charité, elles dirigeaient une école, un hôpital
et un orphelinat. Le nombre de leurs orphelins s'accrut beaucoup lors du
massacre des Natchez, qui eut lieu cette année-là. L'expédition française
délivra de l'esclavage beaucoup d'enfants sans pères et les transporta à la
Nouvelle-Orléans ².
² On peut voir les détails
douloureux de cet affreux brigandage dans l'ouvrage intitulé : Life of
bishop Flaget, par Mgr. Spalding, évêque de Louisville.
« Les
petites filles, écrivait le Père Le Petit, à la date du 12 juillet 1730, que
nul des habitants n'a voulu adopter, ont grossi le troupeau intéressant des
orphelines que les religieuses élèvent. Le grand nombre de ces enfants ne sert
qu'à augmenter leur charité et leurs attentions. On leur a fait une classe
séparée, et on leur a donné deux, maîtresses particulières.
» Il n'y en a pas
une de cette sainte communauté qui ne soit charmée d'avoir passé les mers, ne
dût-elle faire ici d'autre bien que celui de conserver ces enfants dans
l'innocence, et de donner une éducation polie et chrétienne à de jeunes
Françaises qui risquaient de n'être guère mieux élevées que des esclaves. On
fait espérer à ces saintes filles que, avant la fin de l'année, elles
occuperont la maison neuve qu'on leur destine, et après laquelle elles
soupirent depuis longtemps.
» Quand elles y
seront une fois logées, à l'instruction des pensionnaires, des orphelines, des
filles du dehors et des négresses, elles ajouteront encore le soin des malades
de l'hôpital, et celui d'une maison de refuge pour les femmes de vertu
suspecte. Peut-être même que, dans la suite, elles pourront aider à donner
régulièrement chaque année la retraite à un grand nombre de dames, selon le
goût que nous leur en avons inspiré.
» Tant d'œuvres
de charité suffiraient pour occuper en France plusieurs communautés et des
instituts différents. Que ne peut point un grand zèle? Ces divers travaux n'étonnent point sept
Ursulines, et elles comptent de les soutenir, avec la grâce de Dieu, sans que
l'observance religieuse en souffre. Pour moi, je crains fort que, s'il ne leur
vient pas du secours, elles ne succombent sous le poids de tant de fatigues.
Ceux qui, avant que de les connaître, disaient qu'elles venaient trop tôt et en
trop grand nombre, ont bien changé de sentiments et de langage : témoins de
leur conduite édifiante et des grands services qu'elles rendent à la colonie,
ils trouvent qu'elles sont venues trop tard et qu'il n'en saurait trop venir de
la même vertu et du même mérite ¹. »
¹ Lettres édifiantes Mémoires d’Amérique Édition de Paris, 1781 t. VII p. 61
Voici ce qui y
arriva encore vers la même époque, après la conclusion d'une paix qui termina
une triste guerre.
« Les
Illinois, dit le Père Le Petit, n'eurent pas d'autre maison que la nôtre,
pendant les trois semaines qu'ils demeurèrent dans cette ville. Ils nous
charmèrent par leur piété et par leur vie édifiante. Tous les soirs ils
récitaient le chapelet à deux chœurs, et tous les matins ils entendaient ma
messe, pendant laquelle, surtout les dimanches et les fêtes, ils chantaient
différentes prières de l'Église conformes aux différents offices du jour. A la
fin de la messe, ils ne manquaient jamais de chanter, de tout leur cœur, la
prière pour le roi. Les religieuses chantaient le premier couplet latin, sur le
ton ordinaire du chant grégorien; et les Illinois continuaient les autres
couplets en leur langue, sur le même ton. Ce spectacle, qui était nouveau,
attirait grand monde dans l'église et inspirait une tendre dévotion. Dans le
cours de la journée, et après le souper, ils chantaient souvent, ou seuls ou
tous ensemble, diverses prières de l'Église, telles que sont le Dies irœ,
le Vexilla Regis, le Stabat Mater, etc. A les entendre, on
s'apercevait aisément qu'ils avaient plus de goût et de plaisir à chanter ces
saints cantiques que le commun des sauvages, et même beaucoup de Français, n'en
trouvent à chanter des chansons frivoles et souvent dissolues.
» On serait
étonné, comme je l'ai été moi-même en arrivant dans cette mission, de voir
qu'un grand nombre de nos Français ne sont pas, à beaucoup près, aussi bien
instruits de la religion que le sont ces néophytes. Ils n'ignorent presque
aucune des histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament; ils ont d'excellentes
méthodes d'entendre la sainte messe et de recevoir les sacrements; leur
catéchisme, qui m'est tombé entre les mains, avec la traduction littérale qu'en
a faite le P. Le Boulanger, est un parfait modèle pour ceux qui en auraient
besoin dans leurs nouvelles missions. On n'a laissé ignorer à ces bons sauvages
aucun de nos mystères et de nos devoirs; on s'est attaché au fond et à
l'essentiel de la religion, qu'on leur a exposé d'une manière également
instructive et solide...
» Le premier jour
que les Illinois virent les religieuses, Mamantouensa (chef des Kaskakias),
apercevant auprès d'elles une troupe de petites filles : -- « Je vois
bien, leur dit-il, que vous n'êtes pas des religieuses sans dessein. » -- Il
voulait dire qu'elles n'étaient pas de simples solitaires qui ne travaillent
qu'à leur propre perfection. – « Vous êtes, leur ajouta-t-il, comme les
Robes-Noires, nos Pères; vous travaillez pour autrui. Ah! si nous avions
là-haut deux ou trois de vous autres, nos femmes et nos filles auraient plus
d'esprit et seraient meilleures chrétiennes. » -- « Eh bien, lui répondit
la Mère supérieure, choisissez celles que vous voulez. » -- « Ce n'est
point à nous à choisir, répondit Mamantouensa; c'est à vous qui les connaissez.
Le choix doit tomber sur celles qui sont le plus attachées à Dieu et qui
l'aiment davantage. » -- Jugez combien ces saintes filles furent charmées de
trouver dans un sauvage des sentiments si raisonnables et si chrétiens ¹. »
¹ Lettres édifiantes.
Mémoires d'Amérique. Édition de Paris, 1781, t. VII, P. 61.
Tels furent, ma
révérende Mère, les commencements de la pieuse communauté de la
Nouvelle-Orléans.
A ces détails,
j'en ajouterai quelques autres sur l'état des couvents des Ursulines, tel qu'il
était en 1855.
La maison de la
Nouvelle-Orléans comptait alors 32 religieuses professes, 3 novices et 3
postulantes. Le pensionnat avait 130 internes et 12 demi-pensionnaires.
Dans le vicariat
du Haut-Michigan, à Saut-Sainte-Marie, les Ursulines ont une école de filles.
On y faisait, en1855, des préparatifs pour y établir aussi un pensionnat
destiné aux enfants dont la position sociale exige une éducation plus soignée.
Dans le diocèse
de Cincinnati, à Saint-Martin, près de Fayetteville, dans l'Ohio, la communauté
des Ursulines était composée de 35 religieuses professes, 9 novices et 4 postulantes.
Elles dirigent le pensionnat de demoiselles qui comptait, en 1855, 60 internes.
Dans le même État
de l'Ohio, diocèse de Cleveland, à Cleveland même, la communauté était, à la
même époque, composée de 14 religieuses professes, 10 novices et 4 postulantes.
Elles y dirigent un pensionnat. Cet établissement est situé dans la plus belle
et la plus saine partie de la ville. Il comprend toutes les branches ordinaires
et les plus élevées d'une éducation choisie. On y admet des pensionnaires, des
demi-pensionnaires et des externes.
Près de
Cleveland, quatre Sœurs dirigent une classe élémentaire payante et deux écoles
gratuites.
A Toledo, deux
religieuses sont chargées de trois écoles élémentaires payantes et de deux
écoles gratuites.
A Morrissonia,
près New-York, il y a aussi un couvent et un pensionnat.
Dans le diocèse
de Galveston, au Texas, les Ursulines étaient, en 1855, an nombre de 15
religieuses professes; leur pensionnat comptait 80 à 100 élèves.
A Saint-Antoine,
il y avait 14 professes, 3 novices et 4 postulantes. Le nombre des
pensionnaires variait de 140 à 160.
Dans le diocèse
et la ville de Saint-Louis, où j'ai demeuré le plus longtemps depuis mon départ
d'Europe, le couvent des Ursulines se compose de 20 à 25 religieuses. Elles
dirigent un pensionnat de 40 à 50 élèves. Dans des bâtiments séparés, elles ont
une classe d'externes de 100 à 120 enfants.
En considérant
tous ces bienfaits de notre sainte religion, répandus à pleines mains sur
l'Amérique, nous devons un témoignage de reconnaissance bien méritée à Mgr.
Carroll, qui a le plus contribué à établir ou à préparer les pieuses
institutions auxquelles se rattache, le bonheur de ces contrées.
« Au moment
où la Compagnie était abolie par Clément XIV, quelques Jésuites abandonnèrent
la Grande-Bretagne pour se retirer dans l'Amérique septentrionale, leur patrie.
John Carroll les conduisait. Lié à l'institut par la profession des quatre
vœux, Carroll ne tarda pas à conquérir l'estime de cette immortelle
génération qui préparait dans le silence l'affranchissement du pays. Il fut
l'ami de Washington et de Franklin, le conseil de ce Carroll, son parent, qui
travailla d'une manière efficace à la constitution des États-Unis. La
prévoyance et le savoir du Jésuite étaient appréciés par les fondateurs de la
liberté américaine. Attachés au culte protestant, ils allaient consacrer son
triomphe par la loi; mais le catholicisme leur apparaissait, avec les Pères de
la compagnie, si tolérant, et si propre à civiliser les sauvages, qu'ils ne
refusèrent pas à John Carroll d'assurer le principe de l'indépendance
religieuse. Carroll fut admis à en discuter les bases avec eux : il les posa si
nettement, que jamais la liberté des cultes n'a été violée dans les États-Unis.
Les Américains s'étaient engagés à la maintenir; ils ne se crurent point
autorisés à trahir leur serment, même par les progrès que les missionnaires
firent faire à la foi romaine. Quand l'Union fut constituée, le Pape Pie VI, en
1789, songea à donner un guide à tous ces fidèles dispersés dans les villes et
dans les forêts. John Carroll reçut le premier le titre d'évêque de Baltimore;
plus tard il devint archevêque et métropolitain des autres diocèses et légat
apostolique, avec un autre Jésuite, Léonard Neale,
pour coadjuteur ¹. »
¹ Histoire de la Compagnie de
Jésus, par J. Crétineau-Joly, t. VI, p. 276.
De cette époque
date, pour toute l'Amérique septentrionale, le commencement d'une ère nouvelle.
Mgr. Carroll prit l'initiative du revirement religieux. Il n'avait pas eu de
modèles; il aura une foule d'imitateurs.
« Après
avoir pourvu, par la fondation d'un collége et d'un séminaire, à l'éducation de
la jeunesse et au recrutement du sacerdoce, l'évêque de Baltimore se préoccupa
d'introduire dans le Maryland des communautés religieuses de femmes, afin
qu'elles y travaillassent à l'instruction des jeunes filles, au soulagement des
malades et à l'adoption des orphelins. Ces bonnes œuvres ont été, dans tous les
temps, le patrimoine de l'Église, et une chrétienté doit être considérée comme
éphémère, tant qu'elle n'a pas jeté les racines de quelques couvents pour la
prière et pour la charité ². »
² L'Ami de la Religion,
1855, n. 5872.
Depuis lors, que
d'œuvres de salut ont surgi sur le sol américain ! que de faits ont signalé le doigt de la Providence
!
En voici un, ma
révérende Mère, qui est bien intéressant. Je crois l'avoir raconté aux
religieuses et aux élèves des Ursulines de Saventhem et
de Thildonck; mais l'ayant relu depuis, dans le remarquable ouvrage de M. Henri
de Courcy, sur l'Église catholique aux États-Unis, The catholic Church in
the United States, traduit et augmenté par M. John Gilmary Shea, je pourrai
l'écrire avec plus de précision.
En 1807, Daniel
Barber, ministre congrégationaliste de la Nouvelle-Angleterre, avait baptisé
dans sa secte miss Allen, fille du célèbre général américain Ethan Allen, si
renommé dans l'État de Vermont, où il naquit. Cette jeune fille avait alors
vingt-deux ans.
Peu de temps
après, elle se rendit à Montréal, où elle entra au pensionnat de Sœurs de
Notre-Dame. La jeune Allen embrassa spontanément la religion catholique, et
voulant faire le sacrifice surnaturel de toute sa personne, elle se consacra
aux choses du ciel dans la communauté de Sœurs hospitalières, à l'hôtel-Dieu,
où elle mourut pieusement en 1819, après avoir, par l'édification de ses
derniers instants, amené le médecin protestant qui la soignait à embrasser
aussi la religion catholique.
La conversion de
la Sœur Allen produisit d'autres fruits de grâce parmi ses coréligionnaires. Son
ancien pasteur, M. Barber, devint d'abord membre de l'église protestante
épiscopalienne. Il ne ralentit point le pas dans le chemin de la vérité : en
1816, il abjura les erreurs de la prétendue réforme.
Le fils de ce
ministre converti, Virgile Barber, né en 1782, était ministre protestant, comme
son père. Lui aussi, convaincu de la nécessité de s'unir à l'Église romaine, y
entra avec son père. La dame Virgile Barber suivit ces exemples. Ces époux,
devenus catholiques, firent plus. De commun accord, ils résolurent de tout
quitter et de se séparer pour le service de Dieu. Dans ce pieux dessein, M.
Virgile Barber se rendit à Rome, en 1817, afin d'obtenir du Souverain Pontife
l'autorisation nécessaire. Il embrassa l'état ecclésiatique et fut ordonné dans
la ville éternelle. Après y avoir séjourné pendant deux années, il partit de
l'Europe et apporta lui-même à son épouse l'autorisation d'embrasser la vie
religieuse. Elle entra au couvent de la Visitation à Georgetown et y suivit,
pendant deux années, les exercices du noviciat.
Les époux Barber
avaient cinq enfants : quatre filles et un fils. Celui-ci faisait ses études au
collége des Jésuites à Georgetown; les filles étaient an pensionnat de la
Visitation, mais sans savoir que leur propre mère était novice dans le même
couvent.
Après le noviciat
de dame Barber, les cinq enfants furent conduits à la chapelle pour être
témoins de la profession de leur mère; et, au même moment, leur père, sur les
degrés de l'autel, se consacrait à Dieu dans la Compagnie de Jésus. A ce
spectacle touchant et inattendu, les pauvres enfants éclatèrent en sanglots, se
croyant abandonnés sur la terre; mais le Père céleste veillait sur cette
famille privilégiée. Il inspira aux quatre filles le dessein d'embrasser l'état
religieux; trois d'entre elles se firent Ursulines : l'une à Québec, une autre
à Boston et la troisième aux Trois-Rivières; la quatrième sœur fit profession
parmi les Visitandines de Georgetown. Leur frère, Samuel, entra dans la
Compagnie de Jésus.
Le P. Virgile
Barber, après avoir rempli, avec grande édification, différents postes en
Pensylvanie et au Maryland, devint professeur d'hébreu au collège de
Georgetown, et mourut le 27 mars 1847, à l’âge de 65 ans.
Sœur Barber, de
la Visitation, résida longtemps à Kaskaskia, où elle fonda un monastère; Sœur
Marie Barber, de Saint-Benoît, fut témoin de la destruction du couvent des
Ursulines situé près Boston, et mourut à Québec, le 9 mai 1848; Sœur Catherine
Barber, de Saint-Thomas, suivit l'évêque Odin an Texas, en 1849; je n'ai pas de
renseignements sur la quatrième de ces pieuses filles.
La grâce de la
conversion s'étendit à d'autres membres de la famille. Un neveu et pupille du
P. Virgile Barber, nommé William Tyler, né, dans le protestantisme, en 1804, à
Derby, État du Vermont, devint, en 1844, le premier évêque catholique de
Hartford, et mourut dans son diocèse en 1849.
Je termine, ma
révérende Mère, en vous priant d'agréer encore une fois l'expression de ma vive
reconnaissance pour tous les secours que vous avez apportés à ma mission, ainsi
que pour les bonnes prières qui m'ont été promises, non-seulement par les
religieuses, mais aussi par les élèves. Je les remercie toutes, et je les
recommanderai au bon souvenir de mes pauvres sauvages. Que vos filles en Jésus-Christ
continuent de s'adonner tout entières à l'œuvre si sainte de l'éducation de la
jeunesse; Dieu, -- elles l'éprouvent, -- n'attend pas l'éternité pour leur
donner une ample récompense de bonheur !
Que les chères enfants continuent de profiter de ces leçons salutaires
et de ces exemples entraînants; elles conserveront alors, dans le monde, leur piété aimable et leur
gaieté de cœur, parce qu'elles y conserveront leur précieuse innocence.
Je vous prie de
remercier également en mon nom votre si digne directeur ¹, qui m'a reçu
avec cette cordialité fraternelle qui doit régner, entre les prêtres et les
religieux, appelés à travailler ensemble au salut et à la perfection des âmes,
et à n'avoir qu'un but unique, dans leurs travaux et dans leurs désirs, là'
plus grande gloire de Dieu.
¹ A Saventhem, M. Paeps; à
Thildonck, M. Lambertz, curé du village, fondateur des nouvelles Ursulines,
dont Thildonck a été la maison-mère.
Agréez, ma
révérende Mère, l'hommage de ma reconnaissance.
Votre
serviteur en Jésus-Christ,
P.-J.
DE SMET, S. J.