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1856 - lettre 24 - Les Têtes-Plates (Voir 39e lettre).

LES TÊTES PLATES

LES  TÊTES  PLATES.

 

VINGT-QUATRIÈME LETTRE DU R. P. DE  SMET

 

au directeur des Précis Historiques, à Bruxelles.

 

(Envoi d'une lettre du R. P. Adrien Hoeken.)

 

Université de Saint-Louis, avril 1856.

 

                  Mon révérend et cher Père,

 

Je vous envoie une lettre du R. P. Adrien Hoeken, frère de Chrétien, dont vous avez annoncé la mort dans votre volume de 1853, p. 394.

 

Le P. Adrien Hoeken a été un de mes premiers compagnons de voyage dans les missions des Têtes-Plates. Il y a toujours travaillé et y travaille encore avec le plus grand zèle et les fruits les plus abondants.

 

Dans ce mois d'avril, je lui ai expédié toute une cargaison par un vapeur qui devait remonter le Missouri. Elle se compose d'outils, d'habits et de provisions de toute espèce. Le bateau parcourra une distance de 2,200 milles ou 700 lieues; puis les effets seront transportés sur la barge qui aura à faire, pour passer le courant rapide, environ 600 milles ou 200 lieues; reste encore alors une centaine de lieues par terre avec des waggons, par les défilés des montagnes; de sorte que les objets expédiés en avril ne pourront arriver parmi les Têtes-Plates qu'au mois d'octobre.

 

On espère que d'autres ouvriers évangéliques iront bientôt rejoindre, le P. Hoeken. Les sauvages demandent des missionnaires. Cette mission des Tètes-Plates et des Pends-d'Oreilles est toujours florissante, comme on le verra par la lettre.

 

« Camp des Têtes-Plates, dans le pays des Pieds-Noirs, 18 octobre 1855.

 

                   » Mon révérend et bien cher Père, 

 

» Vous bénissez le Seigneur avec moi de ce que, à la prière de Marie, il a développé d'une manière si consolante les missions commencées par vous dans ces lointaines contrées. Si, durant les longues années que j'ai passées parmi des Kalispels, mes travaux ont été pénibles et mes épreuves assez multipliées, le bon Dieu m'a fait trouver en abondance les consolations du missionnaire dans la foi vive et la piété sincère de nos néophytes.

 

» Nous trouvâmes les moyens de bâtir une magnifique église, que le lieutenant Mullen, de l'armée des États-Unis, n'a pu voir sans admiration. Cette église est assez grande pour contenir toute la tribu. Quand, les jours de dimanche et de fête, nos Indiens l'ont parée des ornements que les bois et les prairies fournissent, de rameaux verts et de fleurs sauvages; quand, avec une ferveur admirable, ils y font retentir les accents de leurs pieux cantiques pendant le saint sacrifice, bien des paroisses, anciennes dans la foi, y trouveraient un exemple et un sujet d'édification propre à raviver leur zèle. On admire généralement, parmi nos néophytes, une dévotion très tendre envers Marie, signe évident que la foi a jeté de profondes racines dans leurs âmes. Chaque jour, matin et soir, les familles se rassemblent dans leurs loges respectives pour réciter le rosaire en commun; tous les jours, ils demandent à la sainte Vierge qu'elle veuille remercier pour eux le Grand Esprit de les avoir appelés d'une vie d'ignorance, de rapine et d'effusion de sang, aux félicités de la vraie religion et à ses immortelles espérances.

 

» Les Kalispels ont fait une grande perte par la mort de leur pieux chef Loyola, dont vous connaissez bien le nom euphonique : Etsowisg-simmègee-itshin, ou l'ours gris debout. Depuis le jour ou vous le baptisâtes, cet excellent chef est demeuré constamment inébranlable dans la foi. On le voyait tous les jours avancer dans la vertu et s'acquitter, avec une ferveur sans cesse croissante, des pratiques de notre sainte religion. Il était véritablement le père de son peuple, ferme pour réprimer les désordres, plein de zèle pour recommander l'obéissance aux leçons des missionnaires. Au milieu des rudes épreuves auxquelles la divine Providence soumit sa vertu dans les dernières années de sa vie, lorsque, dans un court espace de temps, la mort lui enleva son épouse et trois de ses enfants, on le vit supporter ce coup terrible avec l'édifiante résignation d'un vrai chrétien. Dans sa dernière maladie, qui fut de plusieurs semaines, il paraissait bien plus occupé à entretenir et augmenter encore, par de nouveaux moyens, la piété de son peuple, qu'à procurer quelque adoucissement à la violence de ses propres douleurs. Sa mort, qui arriva le 6 avril 1854, fut pleurée par les Indiens avec les marques non équivoques d'une douleur dont je n'avais, jusque-là, jamais été témoin. On ne voyait pas sur sa tombe ce deuil hypocrite et ces larmes de commande que l'usage, dit-on, fait verser aux Indiens sur leurs chefs décédés; leurs larmes étaient celles d'une affliction profonde, celles de cœurs vraiment déchirés, comme si chacun eût perdu le meilleur des pères. Leurs regrets pour le bon Loyola ne sont point encore calmés en ce moment. Jamais je n'aurais supposé nos Indiens capables d'un attachement pareil.

 

» Comme Loyola, contrairement aux coutumes indiennes, n'avait pas désigné son successeur, il fallut, après sa mort, choisir un nouveau chef. Tous se préparèrent à l'élection par la prière, afin d'obtenir un bon choix. Le scrutin terminé, la presque unanimité des voix se trouva réunie sur un brave chasseur, appelé Victor, que vous avez si bien connu et qui a toujours été remarquable par la générosité de ses dispositions. On l'inaugura avec de bruyantes réjouissances. Les guerriers, en grand costume, se rendirent à son wigwam ou cabane, se rangèrent à l'entour et firent une décharge de mousqueterie. Après quoi, tous s'approchèrent à la file du chef pour lui promettre fidélité et lui témoigner leur affection par une cordiale poignée de main. Pendant tout le jour, de nombreuses bandes vinrent à notre demeure pour exprimer aux Pères combien ils étaient satisfaits d'avoir un chef dont la bonté avait depuis longtemps gagné tous les cœurs. Victor seul paraissait triste : il redoutait la responsabilité du commandement et se jugeait incapable de maintenir le bien opéré dans la tribu par l'excellent chef Loyola.

 

» L'hiver suivant, une grande disette, -- on pourrait presque dire une famine, -- se fit sentir parmi les Kalispels. Victor donna une preuve bien touchante de sa charité généreuse et désintéressée : il distribua dans le camp ses propres provisions, se réservant à peine le strict nécessaire pour le soutien de sa vie. A son retour de la chasse annuelle, et quand il se trouvait encore à une distance considérable du village, il tomba épuisé de faiblesse et dut être transporté par ses compagnons, auxquels, ce jour-là même, il avait distribué toute la nourriture qu'on lui avait envoyée pour son propre usage.

 

» L'Indien est souvent décrit comme un être entièrement dépourvu de sentiments humains, incapable de reconnaissance, ne respirant que haine sauvage, que vengeance et cruauté; mais il y a réellement, dans sa nature inculte et indomptée, autant d'impulsion généreuse que dans un individu d'aucune autre race. Il ne lui manque que l'influence civilisatrice de la religion catholique, pour produire au dehors les plus touchantes expressions de son cœur. Ce fait n'a pas besoin d'autres preuves que le souvenir reconnaissant des Indiens pour leur dernier chef Loyola, le généreux caractère de Victor et les sentiments affectueux de toutes les tribus converties pour leurs missionnaires, et pour vous spécialement, mon révérend Père, qu'ils considèrent comme leur grand bienfaiteur, parce que vous avez été le premier à leur apporter la bonne nouvelle du salut.

 

» Parmi nos chers Têtes-Plates, Michel Insula, ou la plume rouge, ou encore, comme il est communément appelé à cause de sa petite taille, le petit chef, est un exemple bien remarquable du pouvoir qu'a l'Église de semer et de développer les plus aimables vertus dans le cœur du farouche Indien. Il réunit en sa personne, avec la plus grande bravoure, la piété la plus tendre et les manières les plus agréables. La plume rouge qu'il porte le distingue de ses guerriers. Son approche suffit pour mettre en fuite les bandes vagabondes de Corbeaux et de Pieds-Noirs, qui ont infesté si souvent le territoire des Têtes-Plates. Il est très connu et très affectionné des blancs qui ont eu l'occasion de traiter avec lui. Tous l'estiment comme un homme d'un jugement droit, d'une stricte intégrité, d'une fidélité à laquelle on peut se fier aveuglément. Doué d'une exquise pénétration d'esprit pour discerner les caractères, il aime à s'entretenir particulièrement des blancs, distingués par leurs belles qualités, qui sont venus le voir. Il mentionne souvent et avec plaisir le séjour qu'ont fait dans sa tribu le colonel Robert Campbell, de Saint-Louis, et le major Fitzpatrick; il les adopta pour ses frères, conformément aux idées de politesse indienne. Il a conservé, jusqu'à ce jour, toute la ferveur de dévotion que vous lui connaissiez. On entre rarement dans sa loge, soit le matin, soit l'après-midi, sans qu'on le trouve, son chapelet dans les mains, tout absorbé dans la prière. Il garde le plus tendre souvenir de vous et du jour où il fut baptisé; il désire ardemment vous voir encore une fois avant de mourir. Hier encore, il me demandait quand et par quel chemin vous reviendriez. Ce langage, du reste, exprimait le désir de tous nos Indiens, qui tous également sont tristes de votre longue absence.

 

» On me proposa, pendant l'été de 1854, de commencer une nouvelle mission, dans le territoire des Têtes-Plates, non loin du lac qui porte leur nom, à environ 190 milles nord-est des Kalispels, et 50 milles de l'ancienne mission de Sainte-Marie. Un site convenable nous y avait été indiqué par le chef Alexandre, votre ancien ami, qui fut souvent le compagnon de vos courses apostoliques dans les Montagnes Rocheuses.

 

» Je partis de la mission des Kalispels le 28 août 1854, et j'arrivai le 24 septembre à la place désignée. Je la trouvai telle qu'on me l'avait décrite : un endroit magnifique et d'une fertilité incontestable; un lac, une rivière, des bois, des prairies y forment une variété non moins agréable qu'utile. Une ceinture de montagnes, dont les crêtes blanchâtres bornent l'horizon, couronne cette situation délicieuse, d'ailleurs suffisamment pourvue de gibier et de poisson. Non, je n'oublierai jamais les émotions d'espérance et de crainte qui remplirent nos cœurs quand, pour la première fois, je célébrai la messe dans cette solitude, en plein air et entouré d'une bande nombreuse de Kalispels qui me regardaient, après Dieu, comme l'auteur et le garant de leur félicité spirituelle et temporelle dans ce nouveau séjour.

 

» Ce lieu était, complétement inhabité; mais à quelques journées de distance vivaient plusieurs tribus d'Indiens, que vous avez autrefois visitées et où vous conférâtes le baptême à un grand nombre, les autres restant encore attachés au paganisme. Je conçus l’espérance de rassembler autour de moi ces chrétiens épars. Dieu daigna bénir, au delà de mon attente, cette entreprise commencée pour sa gloire. En peu de semaines, nous avions élevé plusieurs constructions en charpente, une chapelle, deux maisons, des échoppes de charpentier et de forgeron. En même temps, les wigwams s'étaient élevés à l'entour en grand nombre et comme par enchantement. Matin et soir, vous eussiez entendu le bruit des haches et des marteaux et vous eussiez vu à chaque moment de nouveaux amis venir placer ensemble leurs loges modestes. Vers le temps de Pâques de l'année courante, la population de ce nouveau village s'élevait à plus d'un mille.

 

» A la nouvelle que la Robe-Noire, si longtemps l'objet de leurs vœux, était enfin dans leur voisinage, grand nombre d'Indiens de toutes les tribus voisines, Hauts-Kouteneys, Arcs-à-Plat, Pends-d'Oreilles, Kalispels des montagnes, Têtes-Plates, étaient arrivés successivement pendant l'hiver pour fixer ici leur résidence. Tous ces Indiens ont montré jusqu'ici les plus excellentes dispositions. Sans compter un grand nombre d'enfants baptisés dans le courant de l'année, j'eus le bonheur, avant les fêtes de Noël et de Pâques, de régénérer plus de cent cinquante adultes, Kouteneys et Arcs-à-Plat. Ces Indiens ont une docilité et une ingénuité de caractère vraiment admirables. Ils m'ont, dit que depuis la visite que vous leur fîtes il y a quelques années, ils ont absolument renoncé à l'habitude des jeux de hasard, comme à leurs autres vices; qu'ils ont toujours, depuis ce temps, nourri l'espérance d'être instruits un jour de la religion du Grand Esprit.

 

» Notre bon Frère Mac Gean, dès le commencement du printemps, a coupé environ dix-huit mille palis ou perches, et fait un immense enclos de culture, qui promet une abondante moisson. Le lieutenant Mullen, qui a passé l'hiver parmi les Têtes-Plates de Sainte-Marie, m'a prêté, dans l'établissement de cette mission, un concours bien précieux, et a pris constamment un vif intérêt à la prospérité de l'entreprise. Je ne sais comment acquitter ma dette de reconnaissance envers ce digne officier; pauvre missionnaire comme je suis, je ne puis que prier le Seigneur de récompenser la bonté et l'assistance généreuse de M. Mullen par toutes les bénédictions du temps et de l'éternité.

 

» Il est vrai, bien des articles, je ne dis pas seulement importants et utiles, mais d'une nécessité absolue pour consolider cette nouvelle mission, nous manquent encore. J'ai la confiance que les pauvres Indiens trouveront des amis qui se feront un bonheur de contribuer, par une légère aumône, à cette œuvre de charité. Nous leur serons infiniment obligés, et nos bons néophytes, en faveur de qui je fais cet appel, ne cesseront de recommander à Dieu, dans leurs prières, leurs bienfaiteurs généreux.

 

» Veuillez faire des arrangements avec la compagnie américaine de pelleteries pour transporter, par le Missouri jusqu'au fort Bentor, les articles qui me seront envoyés. Je puis de là les faire parvenir, sur des chariots, à travers les montagnes, jusqu'à la résidence des missionnaires.

 

» Quand Mgr. Magloire Blanchet, évêque de Nesqualy, nous fit sa première visite à la mission de Saint-Ignare, près du lac De Boey ¹, bien que Sa Grandeur ne fût pas attendue et qu'un grand nombre de familles fussent parties pour leurs chasses, il eut cependant à confirmer plus de six cents Indiens chez les Kalispels, les Cœurs d'Alênes et les Skoyelpies. Monseigneur se proposait de donner la confirmation ici l'été prochain, et j'attendais avec un vif empressement l'arrivée de ce pieux prélat : il avait opéré tant de bien déjà parmi nos néophytes, par les exhortations ferventes qu'il leur avait adressées pour les fortifier dans la foi. Il était déjà décidé, qu'un parti d'Indiens irait à sa rencontre jusqu'au village du Sacré-Cœur, chez les Cœurs d'Alênes, à environ cent cinquante milles de la mission de Saint-Ignace, lorsque nos plans furent tout à coup dérangés par un message du gouverneur Stevens, appelant tous nos Indiens à un conseil qui devait se tenir à une distance d'environ trente milles dans la vallée de Sainte-Marie, ou vallée de la racine amère, à un endroit appelé Porte d'enfer.

 

¹ Nom d'un bienfaiteur des missionnaires, habitant d'Anvers, y décédé.

 

» De là, un nombre considérable de chefs et de guerriers devaient accompagner le gouverneur à un grand conseil de paix, dans le pays des Pieds-Noirs. J'étais à visiter nos Frères parmi les Cœurs d'Alênes, les Skoyelpies et autres tribus, quand me vint, de la part du gouverneur, l'invitation d'assister moi-même aux deux conseils.

 

» J'avais, dans ma visite, trouvé toutes nos missions riches de conversions et de bonnes œuvres, quoique bien pauvres des biens de ce monde. Tous les Pères et les Frères jouissaient d'une très bonne santé. Le P. Joset, parmi les Skoyelpies, aux chutes de la Colombie, appelées les Chutes de chaudières, avait baptisé un grand nombre d'enfants et d'adultes.

 

» Au dernier retour de la petite vérole, presque personne ne mourut de cette maladie parmi nos néophytes; nous les avions préalablement vaccinés presque tous. Les Spokanes, au contraire, et autres Indiens non convertis, qui disaient : -- « La médecine des Pères (la vaccine) est un poison dont ils se servent, pour nous tuer, » -- furent moissonnés en grand nombre. Le contraste eut naturellement pour effet d'augmenter le crédit des missionnaires.

 

» Mû par les sentiments de plaisir et de peine que me causaient, tour à tour, le spectacle de tant de bien opéré et la mort affligeante de tant d'hommes rachetés au prix du sang de Jésus-Christ; reconnaissant d'ailleurs pour les bienfaits de Dieu et soumis au jugement impénétrable de sa Providence, je partis, accompagné de mes néophytes, pour une rendre au pays des Pieds-Noirs. Le grand conseil se tint dans le voisinage du fort Brenton. Nos Indiens s'étaient persuadés qu'ils vous y trouveraient avec le colonel Cummings et le major Culbertson. Jugez quel dut être leur désappointement !

 

» Les Pieds-Noirs, bien qu'ils soient abandonnés au brigandage et qu'ils aient commis, au printemps dernier, plus de ravages que jamais, sont très désireux de vous voir et d'avoir des missionnaires parmi eux.

 

» Le gouverneur Stevens, qui s'est toujours montré un ami véritable et un père de nos Indiens surtout, a exprimé la détermination de faire tout ce que dépendrait de lui pour promouvoir le succès des missions. L'établissement d'une mission parmi les Pieds-Noirs serait le meilleur ou plutôt le seul moyen de leur faire observer le traité de paix qui vient d'être conclu. En attendant qu'on leur envoie des missionnaires, je me propose d'aller de temps en temps les visiter, pour leur faire tout le bien dont je suis capable et préparer les voies à la conversion de toute la tribu. J'espère que l'établissement d'une mission ne tardera pas à être réalisé parmi eux.

 

» Ce nouvel établissement est absolument nécessaire, tant pour les Pieds-Noirs eux-mêmes que dans l'intérêt de nos Indiens convertis, qui occupent la partie ouest des Montagnes Rocheuses.

 

» D'après tout ce que j'ai vu et tout ce que j'ai appris dans cette dernière tournée, je puis affirmer sans crainte que les Corbeaux, les Assiniboins et toute la tribu du haut Missouri, aussi bien que les diverses bandes des Pieds-Noirs, où tant d'enfants ont été régénérés dans les eaux saintes du baptême par Votre Révérence et par le P. Point, ont vraiment le désir d'avoir les Robes-Noires établies parmi eux d'une manière permanente, et d'apprendre la belle prière du Grand Esprit. La moisson paraît mûre et semble n'attendre que les moissonneurs. Prions le Seigneur qu'il lui plaise d'envoyer bientôt de zélés ouvriers dans ces régions lointaines et depuis si longtemps abandonnées.

 

» Le chef kalispel Alexandre, le chef Michel Insula et les autres chefs des Têtes-Plates et des Pends-d'Oreilles; les chefs des Kouteneys et des Arcs-à-Plat, avec tous nos néophytes, demandent un souvenir dans vos prières. Eux, de leur côté, n'oublient jamais de prier pour vous. Veuillez aussi vous souvenir de moi,

 

                                      » Votre tout dévoué frère en Jésus-Christ.

 

                                                        » ADRIEN HOEKEN, S. J. »