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1855-1859 - Au service de l'armée américaine

1855


De Smet se rend au Kentucky et dans l'Ohio, visite ses collègues de Chicago, Milwaukee et Cincinnati, et séjourne aussi quelque temps à Philadelphie, Baltimore, New York et Washington.

Le gouverneur du Territoire de Washington, Isaac Stevens, exerce une forte pression pour enlever une grande partie de leurs terres aux tribus indiennes du Nord-Ouest et les envoyer dans des réserves. De sa propre initiative il conclut des traités avec eux, traités qui plus tard seront violemment contestés. Pour protéger les intérêts des Indiens les Jésuites de la Mission de l'Orégon prennent part à ces délibérations. Antonio Ravalli conseille aux Indiens d'accepter les propositions des Blancs, se rendant bien compte que dans le cas contraire ils seraient écartés par la force.

Le général William Harney cherche à prendre revanche sur les Sioux qui violent de plus en plus le traité de Laramie. À la mi-septembre il surprend un petit groupe de Sioux Brûlés au voisinage de Ash Hollow. Le camp du chef Little Thunder le long de Blue Water Creek est entièrement saccagé.

1856

Lorsque les Indiens Yakimas prennent pleinement conscience de ce que signifient pour eux les accords conclus avec Stevens, ils se soulèvent massivement. Antonio Ravalli parvient à persuader ses Indiens de ne pas se joindre à l'opposition.

L'université de Saint-Louis compte maintenant plus de trois cents étudiants. En septembre De Smet voyage vers l'Europe.

1857

En juillet De Smet revient aux États-Unis avec sept recrues.

En octobre les États-Unis s'enfoncent dans une dépression économique. À Saint-Louis de nombreuses banques tombent en faillite, l'activité de la construction s'arrête, beaucoup d'usines ferment et les navires chôment. Les gens qui ont perdu leur travail deviennent agressifs. C'est le moment de trouver un bouc émissaire. Pour distraire les gens de leurs préoccupations, de la débâcle financière et de la mésentente croissante entre le Nord et le Sud au sujet de l'abolition de l'esclavage, on réveille leur désaccord latent concernant la façon de vivre non-conformiste des Mormons. Pour contrôler le succès de ceux-ci on cherche à incorporer davantage leur état libre Deseret. En octobre trois mille soldats escortent un gouverneur nommé par les États-Unis pour le futur territoire près de Salt Lake City. Le leader des Mormons, Brigham Young, clame que c'est une provocation flagrante. Une armée mormone stoppe l'invasion en rendant impossible le ravitaillement du groupe armé. Ils attaquent le convoi, enlèvent tous les chevaux, mulets et bétail et mettent le feu aux chariots. Le général Harney reçoit l'ordre de remplacer la force d'invasion par des troupes fraîches, de donner une protection au nouveau gouverneur et de remettre de l'ordre dans Salt Lake City. Harney est un combattant endurci. Il a eu affaire aux Indiens en Floride, au Texas et au Nouveau Mexique et a infligé il y a deux ans une défaite sévère aux Sioux-Brûlés du Haut-Missouri. Comme les trois-quarts de son armée sont constitués de catholiques, il a besoin d'un aumônier catholique.

Le 14 décembre le capitaine John Mullan en route pour Washington visite De Smet à Saint-Louis. Il apporte un triste message. Le supérieur de Sainte-Marie dans le Kansas, le Père Duerinck, un cousin (8) de De Smet qui était en route pour Saint-Louis, s'est noyé dans le Missouri.

1858

De Smet défie neige et glace pour visiter la mission Sainte-Marie. En avril survient encore une mauvaise nouvelle : le 10 avril l'allié politique de De Smet, Thomas Hart Benton, meurt à Washington D.C.

Beckx comprend que lier les missions de Californie et d'Orégon a été une bévue. Depuis Santa Clara le Père Congiato peut difficilement se faire une idée de la situation dans les Rocheuses. L'Orégon aura dorénavant une direction séparée.

Quand l'or est découvert dans le Nord-Ouest, les Blancs ne s'en tiennent pas aux conventions antérieures. Fouettés par la passion de l'or, ils pénètrent illégalement dans les terres des Indiens, notamment dans la réserve de Colville. Les Indiens sont furieux et cette fois les religieux ne parviennent pas à les retenir.

En mai Harney demande à De Smet de l'accompagner comme aumônier dans l'expédition militaire vers Deseret (Utah). Vraisemblablement entre-temps De Smet a lui aussi pris les Mormons en aversion et préférerait voir ces concurrents disparaître des États-Unis. Chez les Jésuites à Saint-Louis la situation a maintenant suffisamment évolué pour que De Smet puisse se libérer davantage. Il accepte l'invitation de Harney parce qu'il pourra ainsi se trouver dans le voisinage des Indiens du Nord-Ouest. Quand la tâche sera conclue, il pourra peut-être en partant de l'Utah visiter ses missions et même créer une nouvelle mission chez les Pieds-Noirs. Le provincial Murphy autorise De Smet à prendre du service comme aumônier. Le 15 mai De Smet est officiellement installé dans sa fonction par le Secrétaire à la Guerre. Au cours du voyage vers Leavenworth sur le Twilight De Smet rencontre pour la première fois Henry A. Boller. Aux environs du 15 juin De Smet quitte Leavenworth, Kansas, et va vers l'ouest avec les troupes de Harney. Il dispose d'une tente pour entendre les confessions et dire la messe. Le long de la Platte il parle avec des Indiens de rencontre, Pawnees, Sioux et Cheyennes. Il remarque que depuis son dernier voyage de nombreuses fermes et même des villages ont été construits. Le chemin légendaire vers l'ouest, l' Oregon Trail, est parsemé de carcasses de charrettes bâchées, de squelettes, de vêtements déchirés et de toute espèce de mobilier jeté. Trois semaines plus tard et huit cents kilomètres plus loin, là où la piste croise la Platte du Sud, Harney est averti que les Mormons ont cessé toute opposition et que le nouveau gouverneur vient d'être installé. Il reçoit l'ordre de rebrousser chemin. Pour l'expédition il ne reste qu'à faire demi-tour. Revenu à Saint-Louis De Smet offre sa démission, mais il y a des troubles dans le Nord-Ouest et Harney reçoit l'ordre d'aller là aussi rétablir la paix. De Smet reste donc provisoirement en fonction.

Pendant quinze ans les Indiens du Nord-Ouest se sont relativement bien adaptés. Beaucoup d'Indiens sont devenus cultivateurs, et avec succès. La moisson est bonne, des moulins tournent et chaque année de nouveaux champs sont cultivés. La paix cependant est fragile. La fièvre de l'or a attiré une masse d'aventuriers vers l'ouest. Parmi les immigrants venant des États-Unis, du Mexique, du Pérou, du Chili, des îles Sandwich (Hawaii) et d'Europe, il y a beaucoup de gens de sac et de corde. En Californie errent en liberté un tas de déserteurs, de voleurs et d'assassins. Par le nord de la Californie une ambiance de hors-la-loi atteint les territoires du Nord-Ouest (aujourd'hui Orégon, Washington, Idaho et Montana). Les Indiens y forment une cible facile pour les voyous blancs et sont repoussés toujours plus loin dans les montagnes. Parfois les colons paient les Indiens pour leur terre, leur chevaux, leurs peaux, mais le plus souvent règne le sentiment que le seul bon Indien est l'Indien mort. Exactement comme en Californie, dans le Nord-Ouest cela prend l'allure d'un génocide organisé, et dans l'Orégon et l'État de Washington, les Indiens qui gênent sont assassinés sans vergogne. On paie pour des scalps, et aussi bien les enfants que les vieillards sont pris pour cibles. Les sources et les aliments sont empoisonnés. On distribue des vêtements infectés de petite vérole. Fréquemment les Indiens sont payés avec de l'eau de feu (alcool de mauvaise qualité). En dix ans la population indienne tombe de cent mille à trente mille. Des chercheurs d'or envahissent le pays des Cayuses, des Walla-Wallas, des Nez-Percés, des Yakimas et des Spokanes. Les soi-disant réductions subissent la même pression. La mission Saint-Paul près de Fort Colville élevée en 1845 par le Père De Vos est irrémédiablement perdue. Les Kettles vendent leurs terres aux Blancs et s'adonnent à la boisson. À la fin de 1858 Vercruysse et Ravalli abandonnent et déménagent avec quelques fidèles à la mission chez les Indiens Cœurs d'Alêne. Même le Sacré-Cœur du Père Joset est plongé dans l'embarras. Pour les Cayuses, Nez-Percés, Yakimas et Palooses, le vase déborde. Cette fois ils entrent dans la révolte. Au printemps de 1858 le colonel Edward Steptoe arrive dans la vallée de la Willamette pour rétablir avec fermeté la paix autour de Fort Colville. En route vers le fort il traverse le pays des pacifiques Indiens Cœurs-d'Alêne. Sans tenir compte des protestations du Père Joset, Steptoe les provoque. Ceux-ci acceptent le défi et tuent deux officiers et plusieurs soldats. Les Américains sonnent la retraite, abandonnant leur bagage et un canon. Après cet incident, le désastre de Steptoe, la révolte explose. Les Indiens se croient invincibles et voilà les États-Unis en guerre contre les Indiens du Nord-Ouest.

Le 20 septembre la petite armée de Harney embarquée sur le navire de guerre Star of the West quitte New York pour Panama. Le 29 septembre trois heures de chemin de fer les amènent de l'océan Atlantique au Pacifique. Le 2 octobre ils partent en bateau vers la Californie en compagnie de 1300 chercheurs d'or. À son arrivée à San Francisco le 16 octobre, Harney apprend que la guerre dans l'état de Washington est pratiquement terminée. Deux confrontations, l'une en août, l'autre en septembre, menées par le colonel Wright ont suffi pour mettre à genoux les révoltés Spokanes et Cœurs-d'Alêne. De Smet réside au quartier général des Jésuites en Californie et il fait une fois de plus connaissance avec la ville de San Francisco en croissance rapide. Le 20 octobre l'ensemble de l'expédition de Harney navigue plus loin vers l'embouchure du Columbia. Le 23 octobre ils remontent les eaux turbulentes du fleuve puissant et un jour plus tard ils délibèrent à Fort Vancouver. Après leur défaite les Indiens veulent coûte que coûte obtenir la paix. Les révoltés étaient prêts à livrer les Indiens qui ont du sang sur les mains et livrer en plus des otages. Wright ne laisse pas traîner les choses. À l'arrivée de Harney, il a déjà emprisonné les onze principaux chefs de l'insurrection et garde en otages 33 prisonniers à Fort Walla-Walla. De Smet s'offre à partir comme messager vers le territoire des Indiens, d'y passer l'hiver et de faire rapport au printemps. Les Cœurs-d'Alêne habitent à 600 kilomètres de Fort-Vancouver. Le 29 octobre De Smet part avec un interprète vers Fort Walla-Walla. Le premier novembre il atteint Dalles City. Ensuite il continue son voyage dans une ambulance de l'armée. Il passe devant les embouchures des rivières Deschutes, John Day et Umatilla, et le 10 novembre il atteint Fort Walla-Walla. Il y rencontre le Père Congiato et le colonel Wright avec les otages indiens. De Smet offre de prendre les otages sous sa garde. Wright s'oppose à cette proposition, mais le commandant de Fort Walla-Walla comprend le bon sens de l'offre et les laisse aller. Les otages libérés prêtent service comme guides et veillent à ce que De Smet soit spécialement bien reçu par les tribus révoltées. En trois jours le petit groupe va de Fort Walla-Walla aux berges du lac Cœur d'Alêne. Par la branche nord de la rivière Cœur d'Alêne ils arrivent le 21 novembre à la Mission du Sacré-Cœur. Ici les Pères Gregory Cazzoli et Louis Vercruysse, ainsi que le Frère François Huybrechts, ont à leur charge quelques familles Cœurs d'Alêne. Pour De Smet c'est un moment émouvant : après douze ans il est enfin revenu à la mission dont il attendait tant ! Ce qu'il voit ne le désappointe pas. Les Pères se sont surpassés. Entre les maisons il y a une jolie église. À côté des champs et des prairies il y a des étables, et il y a même un moulin à eau. Cela ne peut pas être perdu ! De Smet est décidé à faire l'impossible pour remettre les Indiens dans le droit chemin. Il hiverne dans la mission et à Noël il célèbre la messe de minuit. Il écrit une lettre à Harney et lui propose d'aller à Fort Vancouver avec quelques chefs indiens pour y conclure une paix définitive.

1859

Après le Sacré-Cœur De Smet désire visiter les autres missions. Il veut aller chez les Kalispels, les Pends-d'Oreilles, et aussi à sa première mission, Sainte-Marie, dans la vallée de la Bitterroot, où résident encore de nombreuses familles Têtes-Plates. Il veut voir Saint-Ignace, un poste de mission qu'il n'a jamais vu et qui a été créé il y a cinq ans à Mission Valley. Mission Valley se trouve à quelques kilomètres au nord de Sainte-Marie. L'hiver n'est pas fini et cela signifie un voyage difficile en canoë sur la rivière Clark. Après 22 jours il a à peine fait les premiers 160 kilomètres. À Saint-Ignace tout va bien comme de coutume. Le Père Adrien Hoecken a veillé à ce que les deux mille Indiens convertis se maintiennent en dehors du conflit. À Mission Valley De Smet attend la confirmation de ce que Harney s'en tient à son projet. Les Kootenais viennent eux aussi rendre visite à De Smet. Dans le voisinage de Sainte-Marie, habitent encore de nombreux Indiens Têtes-Plates et les plus âgés d'entre eux regrettent encore toujours le départ de Mengarini, qu'ils ont vainement cherché partout après son départ. En avril De Smet persuade les chefs des Pends-d'Oreille, Kalispels, Têtes-Plates, Cœurs-d'Alêne, Yakimas, Spokanes (y compris l'intraitable rebelle Kamiakin), de le suivre pour se réunir avec Harney.

Le 16 mai De Smet part pour Fort Vancouver avec neuf chefs. Voyage difficile qui durera plus d'un mois. À certains endroits la couche de neige atteint deux mètres, la plupart des rivières sont très hautes et les grandes forêts sont parsemées d'arbres tombés qui bloquent le passage. Avec beaucoup de difficulté ils parviennent à sortir des montagnes enneigées pour arriver le 13 mai à Fort Walla-Walla. Après cinq jours de repos De Smet part seul pour Fort Vancouver. À Fort Walla-Walla l'agent chez les Têtes-Plates, John Owen, traite hautainement les Indiens, et un soir Kawiakin décampe. Quand Harney l'apprend, l'attitude stupide de Owen le met en fureur. Dans l'entre-temps les chefs à leur tour arrivent à Fort Vancouver, de sorte que la réunion peut commencer le 28 mai. Tout se passe comme prévu. Les Indiens y demeurent trois jours. Harney promet de leur réserver un territoire entre les Montagnes Rocheuses, les monts Bitterroot et la rivière Kootenai. La réserve serait sous la conduite des Jésuites et protégée par les États-Unis. De Smet a apparemment la confiance du général Harney, car il suit les sages avis du missionnaire. Mais le gouvernement à Washington pense différemment. Comme d'habitude le gouverneur du Territoire de Washington, Isaac Stevens, a mené pour son compte des pourparlers avec les Indiens Umatillas, Yakimas, Nez-Percés et Cœurs-d'Alêne. Ce seront les accords de Stevens qui seront confirmés par le Département de la Guerre.

Les militaires autorisent De Smet de faire le trajet de retour par voie terrestre. Le 15 juin il part de Fort Vancouver avec les parlementaires indiens. Il suit la Columbia en amont, traverse le désert de Spokane pour aller par la branche nord de la rivière Cœur d'Alêne à la mission du Sacré-Cœur. De là il va avec le Père Congiato à Saint-Ignace de Mission Valley, par une piste nouvelle et difficile. Le 7 juillet ils atteignent la mission du Sacré-Cœur chez les Cœurs-d'Alênes. Ils franchissent les monts Bitterroot vers Saint-Ignace des Têtes-Plates. Le 22 juillet ils partent avec une paire de guides indiens pour faire les derniers 320 kilomètres vers Fort Benton. Le 26 juillet ils passent la ligne continentale de division des eaux, puis descendent la rivière Sun jusqu'à son embouchure près des Grandes Chutes du Missouri. Ils y rencontrent le Père Hoecken et le Frère Magri. Le 29 juillet Congiato et De Smet atteignent Fort Benton, où Hoecken a érigé la mission Saint-Pierre pour les Pieds-Noirs.

De Smet pensait aller à cheval à Saint-Louis, mais les pénibles ascensions dans les montagnes ont totalement épuisé les pauvres bêtes. Il n'y a pas d'autre solution que de louer une barque à rames avec son équipage. De Smet se met en route avec trois rameurs et un pilote. Le Missouri se fraie un chemin à travers la prairie sans fin. Çà et là il y a des rochers ou un bois. Quand le soir tombe ils campent parfois sur les berges du Missouri, mais le plus souvent ils choisissent une île ou un banc de sable parce que le danger n'est jamais loin. La descente du Missouri est rapide, ils font de 80 à 130 kilomètres par jour. Par chance les loups affamés, les ours gris agressifs et les astucieux pumas ne les avoisinent pas. En chemin ils rencontrent des Indiens Corbeaux et autres. Le 18 août De Smet rend visite aux Indiens Assiniboins près de Fort Union, et le 22 août les Hidatsas et les Mandans près de Fort Berthold. Il est ici l'hôte de Henry Boller. Le 24 août il visite les Arikaras près de Fort Clark. Le premier septembre il est l'hôte des Sioux dans le voisinage de Fort Pierre et le 8 septembre il a près de Fort Randall une rencontre avec le colonel Munroe. On est au 9 septembre quand ils rencontrent le premier bateau à vapeur à hauteur de Omaha City. C'est le Tom E.Tudd. De Smet se paie un passage pour faire plus confortablement et surtout de façon plus protégée les derniers mille kilomètres jusqu'à Saint-Louis. Il y arrive ainsi le 23 septembre. Il visite le docteur Moses Linton et ajoute ses péripéties dans le journal du docteur. En deux ans De Smet a de nouveau abattu 24.000 kilomètres.

Le Père Joset remet sur pied la mission près de Fort Colville. Le Père Hoecken monte sur la rivière Sun une nouvelle mission pour les Pieds-Noirs : Saint-Pierre.

(8) Note du traducteur : La parenté est réelle mais compliquée : Jean-Baptiste Duerinck était arrière-petit-fils de Jean Duerinck et Élisabeth Feliers. Ceux-ci étaient les parents de Jeanne-Marie Duerinck, première épouse de Josse de Smet, tandis que Pierre-Jean est né du second mariage de celui-ci avec Jeanne-Marie Buydens.